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L'actualité de la Danse : Cendrillon (2) : A star is born
par Vincent LE BARON  le 3/05/2005

A l'issue de la représentation de Cendrillon du 3 mai, Delphine Moussin, première danseuse, a été nommée étoile sur la scène du Palais Garnier, à rideau ouvert. Cette cérémonie exceptionnelle couronne une soirée pleine de surprises et de symboles. Une véritable consécration pour une danseuse de trente-six ans.

Quel argument et production de ballet se prête mieux à l'histoire de Delphine Moussin que cette Cendrillon transposée par Rudolf Noureev dans l'univers glamour et convoité d'Hollywood. La vie de cette soubrette maltraitée, la rencontre avec le producteur magicien, le coup de foudre avec un acteur et l'ascension de la star, le parallèle est facile mais pas complètement fortuit avec le parcours d'un petit rat de l'Opéra nommé un soir étoile.

Ce titre et cette reconnaissance, Delphine Moussin les doit à la constance de son travail et évidemment à ses qualités artistiques incontestées. Le bras plâtré et la première représentation annulée, il s'en fallait de peu pour qu'elle remise ses chaussons et son fichu pour céder aux exercices d'un kinésithérapeute plus qu'au charme d'un acteur incandescent. La passion et la connaissance de soi décidèrent la ballerine à relever le défi de danser ce rôle qu'elle interprétait déjà en 2000 avec réussite.

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Chapeau bas aux ateliers de couture de l'Opéra qui parviennent à poser quelques pièces de tissu et à effectuer des miracles de ganterie afin que seuls quelques spectateurs très habitués et avantageusement placés décèlent l'artifice. Le poids supplémentaire au poignet complique sa motricité, mais Delphine Moussin montre toute l'expérience de son art et conserve les ports de bras et la souplesse du haut du corps qui la caractérisent. Quant au personnage, Moussin convainc sans effort et touche droit au coeur le public de tous âges qui connaît grâce à Perrault et Walt Disney plus que d'autres ce ballet.

Toute la magie d'une nomination

En dépit de cette blessure, malgré des problèmes techniques nombreux ce soir (changements de costumes manqués et voile absent pour le tableau final), la première danseuse avant nomination reçoit des applaudissements marqués. L'arrivée de Gerard Mortier et de Brigitte Lefèvre, l'annonce de la nomination, les pleurs de la danseuse et l'émotion partagée par la compagnie, toute la magie du spectacle fonctionne à plein. Aboutissement incontestablement mais également catalyseur de talent, Delphine Moussin va encore gagner en charisme et en assurance pour aborder à 36 ans les rôles du répertoire et les créations qui étofferont sa carrière. Après la tournée de Sylvia en Italie, la nouvelle étoile devrait réapparaître sur scène en tant que telle pour le spectacle Roland Petit.

Juste hommage doit être rendu à son partenaire Karl Paquette. Connaissant et dépassant le handicap momentané de la danseuse, il la met en confiance et souvent distribué à ses côtés, assiste avec fierté à cette nomination, étape à laquelle il doit, lui-aussi, songer. Harmonieuse représentation également grâce à Nathalie Aubin et Fanny Fiat, désopilantes, pleurnichardes et virtuoses dans leur maladresse. Jalouses depuis le premier tableau, au bal et poursuivant leur jeu jusqu'à la nomination de Delphine Moussin, elles participent pour une part importante à l'accomplissement de la soirée.

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